CAN 2025 : Sénégal saisit le TAS contre le forfait décidé par la CA

La FSF conteste au TAS le forfait déclaré par la CAF en finale de la CAN 2025 contre le Maroc, basé sur les articles 82 et 84 du règlement.

CAN 2025 : quels articles du règlement ont permis à la CAF de sanctionner le Sénégal ?

La décision de la Confédération Africaine de Football de déclarer le Sénégal forfait lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 continue de provoquer une onde de choc dans le monde du football africain. Cette décision, qui attribue la victoire au Maroc sur le score de 3-0, repose sur des bases réglementaires précises.

Alors que la Fédération Sénégalaise de Football a décidé de contester cette décision devant le Tribunal Arbitral du Sport, il est essentiel de comprendre quels articles du règlement de la CAN ont été invoqués et comment ils ont été appliqués.

Les fondements juridiques : les articles 82 et 84 du règlement de la CAN

La CAF s’appuie principalement sur deux dispositions clés de son règlement disciplinaire : les articles 82 et 84. Ces deux articles fonctionnent de manière complémentaire et structurent l’ensemble de la décision.

Article 82 : la définition du forfait

L’article 82 constitue le socle juridique permettant de qualifier un comportement fautif. Il prévoit qu’une équipe peut être déclarée perdante si elle :

  • refuse de jouer un match
  • quitte le terrain sans l’autorisation de l’arbitre
  • empêche le déroulement normal de la rencontre

Cet article vise à garantir l’intégrité des compétitions en sanctionnant tout comportement compromettant la tenue d’un match.

Dans le cas de la finale de la CAN 2025, la CAF considère que le comportement de l’équipe sénégalaise entre dans l’un de ces cas de figure. C’est donc cet article qui permet de qualifier juridiquement la faute reprochée au Sénégal.

Article 84 : la sanction automatique du forfait

Une fois la faute établie, l’article 84 prévoit la sanction applicable. Il dispose que :

  • l’équipe fautive perd le match par forfait
  • le score est automatiquement fixé à 3-0 en faveur de l’adversaire

Ce mécanisme est classique dans les règlements sportifs internationaux. Il permet d’assurer une application uniforme des sanctions, sans avoir à évaluer le score réel du match.

Dans cette affaire, l’application de l’article 84 a conduit à attribuer la victoire au Maroc, représenté par la Fédération Royale Marocaine de Football.

Une décision juridiquement cohérente mais contestée

Sur le plan strictement réglementaire, la décision de la CAF apparaît cohérente :

  • article 82 pour constater la faute
  • article 84 pour appliquer la sanction

Cependant, cette lecture est aujourd’hui contestée par la FSF, qui a engagé une procédure devant le TAS.

Les arguments juridiques au cœur du recours

La contestation du Sénégal repose sur plusieurs axes majeurs qui pourraient influencer la décision du TAS.

La qualification des faits

Le premier point concerne l’interprétation des faits.

Pour que l’article 82 s’applique, il faut démontrer :

  • un refus clair de jouer
  • ou un abandon volontaire du match

Or, en droit du sport, cette qualification doit être non équivoque. Toute ambiguïté peut fragiliser la décision disciplinaire.

La FSF pourrait ainsi soutenir que les conditions du forfait n’étaient pas pleinement réunies.

La proportionnalité de la sanction

Même si l’article 84 prévoit une sanction automatique, le principe de proportionnalité reste fondamental en droit sportif.

Le TAS, reconnu comme la juridiction suprême du sport, examine régulièrement :

  • la gravité des faits
  • le contexte
  • les circonstances atténuantes éventuelles

Dans certains cas, il peut considérer qu’une sanction automatique est excessive.

Le respect des droits procéduraux

Un autre point clé concerne la procédure suivie par la CAF. La décision du 17 mars 2026 a été rendue sous forme dite “opérative”, c’est-à-dire sans motivations détaillées.

Cela soulève plusieurs questions :

  • la FSF a-t-elle pu exercer pleinement ses droits de défense ?
  • la décision est-elle suffisamment motivée pour être contestée ?

Ces éléments sont essentiels dans une procédure devant le TAS, qui accorde une importance particulière au respect du contradictoire.

Un enjeu majeur pour la gouvernance du football africain

Au-delà du cas du Sénégal, cette affaire pourrait avoir des conséquences importantes pour l’ensemble du football africain.

Elle pose notamment des questions fondamentales :

  • jusqu’où les instances peuvent-elles appliquer strictement leurs règlements ?
  • quelle place accorder à l’équité sportive ?
  • comment garantir la transparence des décisions disciplinaires ?

Une éventuelle remise en cause de la décision de la CAF pourrait créer un précédent significatif.

Quel rôle pour le Tribunal Arbitral du Sport ?

Le Tribunal Arbitral du Sport devra trancher ce litige complexe. Plusieurs scénarios sont possibles :

  • confirmation de la décision de la CAF
  • annulation du forfait
  • renvoi de l’affaire pour réexamen
  • ou décision alternative sur le résultat

Le TAS analysera à la fois les faits, les règles applicables et leur interprétation.

Conclusion

La sanction infligée au Sénégal lors de la CAN 2025 repose clairement sur les articles 82 et 84 du règlement de la CAF, qui encadrent respectivement la qualification du forfait et la sanction associée.

Toutefois, leur application dans ce cas précis soulève des débats juridiques majeurs. Le recours introduit par la FSF devant le TAS pourrait ainsi redéfinir les standards du droit disciplinaire dans le football africain. La décision finale sera donc déterminante, non seulement pour le Sénégal et le Maroc, mais aussi pour l’ensemble des compétitions organisées par la CAF.

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